L’édito du trimestre

Édito ….

« Le voici le pain des anges » (1)

Commencer un éditorial par une bonne nouvelle est toujours agréable !
L’ANFOL, a en effet la joie de vous annoncer la parution d’une nouvelle Anthologie « En l’honneur de la Vierge Marie » ; vous en trouverez la
table des matières à la fin de la revue avec un choix généreux et varié de belles musiques. En outre, Frère Gilles Baudry de l’abbaye de Landévennec a en guise de préface, composé un magnifique poème loin des mièvreries habituelles sur ce sujet sensible.
N’hésitez pas à vous la procurer : elle est en souscription jusqu’au 1er mai 2017.
Le numéro 98 de Préludes est consacré au Saint Sacrement. L’année liturgique se déroule en ce printemps et nous donne à goûter de nombreux aspects des mystères du Christ :
50 jours de Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, la Sainte Trinité, la Fête du Corps et du Sang du Christ avant le retour des dimanches ordinaires.
La séquence Lauda Sion Salvatorem pour la fête du Saint Sacrement est longue. Elle prend place habituellement avant l’Alléluia.
Saint Thomas d’Aquin qui en est l’auteur annonce la couleur : « Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des
chants. Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer ».
« Tu ne peux trop le louer »…Cela ne veut pas dire que l’organiste joue « tutti » toute la messe, mais c’est aussi en qualité, en quantité et dans la variété de mise en oeuvre. C’est une adresse aux organistes, et ce pour tous les dimanches et fêtes !

Alors voici chers confrères, de nombreux outils qui nous l’espérons, vous aiderons à louer et mener votre réflexion sur ce sujet.
Comme dans le Missel Romain, les rubriques sont dans l’ordre habituel. On notera que sous Louis XIV, Nivers avait intégré le sens du Lauda Sion :
« Si l’on parle à Dieu correctement, pourquoi ne chanterait-on pas ses louanges aussi correctement ? »(2). Oserais-je ajouter que notre baptême fait de nous des prêtres, des prophètes et des rois ? Cela vaut aussi pour la mission de l’organiste : célébrer par la musique, annoncer la parole, et veiller à la distribution des richesses musicales…

Et nous voici car c’est le moment (!) dans l’action de grâce (c’est le sens du mot « eucharistie »), dans la louange des louanges, au cœur du mystère ici expliqué de manière claire et concise ; il est toujours bon de relire ou de se
faire réexpliquer des paroles que l’on croit connaître.Le psaume 147 prépare la louange du Lauda Sion : « Glorifie le Seigneur,
Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! », grand appel à la louange dont le dernier mot « Alléluia » se suffit à lui même !

Le nom d’Olivier Messiaen fait encore peur à quelques personnes, persuadées que cette musique est incompréhensible ou ferait « fuir les auditeurs », sans compter il est vrai sa difficulté d’exécution parfois redoutable ! Le dernier corpus pour orgue de Messiaen date de 1984 « Le Livre du Saint Sacrement » est comme son testament organistique. Une des pièces, « Les deux murailles d’eau » est ici analysée sous son aspect spirituel. Il peut-être utile ensuite d’aller jeter un coup d’œil au recueil pour s’apercevoir que quelques unes des pièces sont tout à fait jouables et ne font pas « fuir les fidèles »(3)…Ce corpus est généreusement irrigué de chants d’oiseaux et de citations de chant grégorien.

Sur ce point, un article documenté nous fera faire un voyage dans le XXe siècle pour redécouvrir quelques auteurs ayant utilisé cette forme musicale
encore traitée par les improvisateurs, qui ainsi gardent mémoire.

Enfin, nous aurons une « mise en bouche » sur les croisements artistiques et musicaux en Europe et outre Atlantique à partir du XVIIe siècle.
Chers confrères-lecteurs, que ce Préludes 98, vous soit utile, stimule vos doigts, vos pieds et votre cerveau pour louer tant que vous le pourrez !
Que vos quelques jeux électroniques ou votre harmonium (ou vos 5 claviers !) accompagnent cette célébration : « Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs »(4)

Dominique Joubert
Diacre permanent et organiste titulaire de la Cathédrale de Valence

Notes
1) Séquence « Lauda Sion salvatorem ».
2) Seigneur, que cette affirmation de Nivers trouve écho aujourd’hui dans nos paroisses. Amen !
3) Si cela arrive réellement un jour, prévenez-nous, on fera un article là-dessus…
4) Séquence « Lauda Sion salvatorem ».

 

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