L’édito du trimestre

Tu ne pourras jamais trop le louer !

Après notre numéro 101 qui traitait du silence, le numéro 102 nous invite à une louange exubérante !
Ne dirait-on pas que la séquence pour la fête du Saint-Sacrement s’adresse à nous les organistes ?
« Loue, Sion, ton sauveur, loue ton chef et ton pasteur par des hymnes et des cantiques autant que tu le peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges et tu ne pourras jamais trop le louer » La suite de cette hymne(1) se trouve en page 4 et 5, et sa lecture complète donne le sens à notre mission. Elle est un chemin
qui part de la louange pour monter vers la cité céleste en passant par l’eucharistie.
Le « cœur nucléaire », si j’ose dire, se situe bien au centre, juste au centre de l’éventail, qui est le partage du pain et du vin, entre le silence et l’exubérance : concrètement depuis silence feutré juste animé par la circulation de l’air dans l’instrument, depuis sa simple respiration au repos, jusqu’au jaillissement lumineux et coloré des pleins jeux ou du tutti.
Cet éventail accompagné des couleurs infinies des registrations nous permet d’avoir réellement un avant goût des couleurs de la Cité céleste tout comme les reflets des vitraux. Au travers d’un vitrail passe la lumière ; dans la musique d’orgue passe le souffle de l’Esprit… pour peu que l’organiste ait un peu travaillé son art !
Jean-Pierre Baston organiste du fabuleux instrument de la cathédrale de Perpignan, apporte un éclairage particulièrement intéressant sur la pédagogie.
Et, charité bien ordonnée commençant par soi même, c’est l’occasion de rappeler les stages d’orgue au service de la liturgie organisés par l’Anfol(2) !
Être organiste liturgique ne signifie pas musicien au rabais ! Notre art à des exigences, exige des compétences, une formation. C’est aussi sans doute ce que vous venez chercher dans Préludes. Les conservatoires et écoles de musique, respectueux de la laïcité ne peuvent tout enseigner, et la liturgie ne s’enseigne pas : elle se reçoit. Le meilleur lieu pour cette réception est bien sûr la célébration, et le meilleur lieu pour le partage des connaissances dans ce domaine, reste les stages, lieux vivants et idéaux pour l’échange, la rencontre et le partage d’expérience.
La solitude liée à notre ministère (éloignement, choix divers que nous avons à faire…), nous permet peu d’aller entendre nos confrères et bien souvent, chacun fait de son mieux dans son coin, pour donner sens et dignité à la célébration. C’est pourquoi la participation à des stages ou des formations qui favorisent les rencontres et les échanges, sont un précieux remède à cette solitude. On  n’imagine pas un chef cuisinier ne pas goûter la cuisine de ses confrères. Il en va de même pour nous ; l’antidote à la déprime ou au ronronnement passe par le partage des savoirs faire et des expériences.
Car la bonne volonté c’est bien, la formation c’est encore mieux ! Notre « métier » évolue avec les mutations de l’Église. La fonction, la mission et la place de l’organiste ne sont (ou ne seront) plus les mêmes. Un texte de l’église publié il y a quelques années est à relire tant il prépare l’avenir, il s’agit du Référentiel de compétences du musicien d’église(3).
Être l’organiste d’une paroisse, fait que celui-ci, est bien souvent une des rares personnes instruite en musique. Les compétences énoncées dans ce document décrivent un profil idéalisé ; à chacun ensuite de voir comment l’adapter à ce qui lui semble important ou urgent, bref on y trouve des outils et des propositions. Libre à chacun d’en inventer d’autres, mais en tout cas il a le mérite d’exister et de proposer des pistes qui sont cet antidote à la solitude dont je parlais plus haut.
À lire l’extrait de la séquence citée en début d’article, on pourrait prendre peur devant l’écrasante tâche qui nous est dévolue ! Le fardeau s’allégera sur les épaules de tous ceux qui pourront venir approfondir leurs connaissances aux stages, ou encore interroger l’Anfol sur tel ou tel point. Rappelons que chaque diocèse possède (ou devrait) un service « musique » avec une personne référente. Enfin la Conférence des Évêques de France(4), a en son sein un Service musique animé par des gens extrêmement compétents qui répondent aux questions
posées.
Oui vous avez bien lu : service !
Dominique Joubert
Diacre permanent et organiste titulaire de la Cathédrale de Valence
Notes
Notes
1) Un hymne national, une hymne grégorienne…
2) Dont on ne rappellera jamais assez que ce sigle signifie : Association
Nationale pour la Formation des Organistes Liturgiques, les stages sont sur
le site internet de l’Anfol.
3) On le trouve sur internet.
4) Service National de Pastorale Liturgique et Sacramentelle (SNPLS) 58 avenue
de Breteuil 75007 Paris.
4) Auquel nous rendrons hommage dans un prochain numéro
 

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