L’édito du trimestre

Édito ….

Joyeux Noël !

Ne vous étonnez pas, votre serviteur n’a pas perdu la tête (je l’espère en tout cas !). L’été commence et nous autres les organistes, commençons déjà à envisager la grande fête de Noël.

Ceci dit, le thème du Gloria nous concerne toute l’année (sauf dans le Temps de l’Avent et durant le Carême). La particularité de notre ministère est d’anticiper, c’est notre lot hebdomadaire : lorsque le chant d’entrée s’achève, nous avons déjà préparé les partitions et les jeux pour le Kyrie, et le Credo est prêt dès le début de l’homélie. Il en va de même pour le temps liturgique, où nécessité faisant loi, si nous voulons apporter des pièces neuves à notre répertoire nous devons les savoir à l’avance !

Penchons-nous donc sur le Gloria (1).
Dans les formules de la célébration, « certaines constituent un rite ou un acte en lui même, comme l’hymne Gloria (…) (2) ». Elle (3) se place dans le rite d’ouverture de la messe qui prépare les fidèles à l’écoute de la Parole et la célébration de l’Eucharistie. La Présentation Générale du Missel Romain poursuit: « Le Gloria est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l´Église, rassemblée dans l´Esprit Saint, glorifie Dieu le Père ainsi que l´Agneau qu’elle supplie. On ne peut jamais remplacer le texte de cette hymne par un autre (4). Le Gloria est entonné par le prêtre ou, si cela est opportun, par un chantre ou par la chorale ; il est chanté soit par tous ensemble, soit par le peuple alternant avec la chorale, soit par la chorale elle-même. Si on ne le chante pas, il doit être récité par tous, ensemble ou par deux chœurs qui alternent.
On chante ou on dit le Gloria le dimanche en dehors de l´Avent et du Carême, aux solennités et aux fêtes, ou encore dans des célébrations particulières plus solennelles. »(5)

Commençons en musique avec celui de Philippe Robert (pourvu de son accompagnement). Son auteur nous en explique de manière passionnante la genèse et sa mise en œuvre. Il indique un mouvement métronomique ; chacun sait que ces indications peuvent être amenées à varier, mais elles donnent une précieuse indication, celle de l’esprit de l’œuvre. Or nos assemblées ont une tendance à traîner, ralentir et appuyer. C’est pourquoi il est utile de rappeler que l’organiste et le chantre doivent se concerter dans la mise en œuvre des chants et notamment les tempi ; le Gloire à Dieu l’Alléluia ou le Sanctus ne se chantent pas sur un rythme de marche funèbre. C’est cela aussi mettre en pratique la Parole de Dieu !

Un diacre éclairé, Serge Kerrien, fait le point et donne de précieuses lumières sur ce sujet. Nous irons donc vers le Seigneur avec des chants d’allégresse, comme le dit le psaume 99, psaume (qui se chante aussi à l’entrée des baptêmes). Au passage, nous ferons hommage à deux organistes disparus, chantant maintenant dans la gloire de Dieu : le chanoine Pierre Camonin (1903-2003), titulaire de la cathédrale de Verdun et André Isoir (1935-2016).

Voici les guirlandes de joie de Dandrieu, préludé par Suzy Schwenkedel, Corrette, Lux et Lebègue qui enlumineront votre revue de leurs harmonieuses volutes. Sur le même sujet, deux tablatures anciennes feront la jonction avec les 500 ans de la Réforme qui donne lieu à de nombreuses manifestations spirituelles, œcuméniques et musicales et, dans la présente livraison, à un article du pasteur Philippe Eber de la paroisse Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg qui nous permet de mieux connaître les rapports de Luther avec la musique.

Enfin, on découvrira que l’orgue néo classique n’est pas mort, avec la découverte de l’orgue neuf de Saint-Louis de Vincennes. Puis, un des grands mystères de l’histoire de la musique concernant Messiaen sera (presque) levé (6).
L’automne débutera avec le numéro 100. Il sera inhabituel dans sa présentation et son contenu. L’équipe de rédaction y travaille d’arrache-pied !

Donc, mais un peu tôt … Joyeux Noël ! … et bonnes vacances studieuses dans les stages de l’ANFOL… 􀁑

Dominique Joubert
Diacre permanent et organiste titulaire de la Cathédrale de Valence

Notes
1) Le Gloire à Dieu de Menoud-Groslambert CNA 387 sur une basse de Haendel (Passacaille en sol mineur), est un chant de Noël et ne peut pas remplacer LE Gloire à Dieu, de même que les Gloire à Dieu paix aux hommes (CNA 388 à 392), mais se chantent comme cantique au temps de Noël (entrée, post homélie, action de grâce après la communion, ou chant de sortie).
2) « (…) le psaume responsorial, l’Alléluia et le verset avant l’Évangile, le Sanctus, l’acclamation d’anamnèse, le chant après la communion » Présentation Générale du Missel Romain (PGMR) 37a
3) Hymne est au féminin lorsqu’elle concerne la liturgie…
4) Information à diffuser largement…
5) PGMR 53 Le voici le pain des anges
6) P. 31 »

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